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[:fr] A propos de la détérioration de la science au Venezuela[:es]Sobre la deterioracion de la ciencia en Venezuela[:en]on the deterioration of science in Venezuela[:]

[:fr]

Anamaría Font
Professeure de Physique à l’UCV

Article publié dans Physics Today, Juillet 2018[:es]

Anamaría Font
Profesor de Física, UCV

Articulo publicado en Physics Today, Julio 2018[:en]

Anamaría Font
Physics Professor at UCV

Article published in Physics Today, July 2018[:]

[:fr]Prof ! Je suis tellement content que vous soyez de retour ![:es]¡Profe! ¡Me alegra tanto que haya regresado![:en]Teacher! I’m so glad you’re back![:]

[:fr]Yudith Cardinale V
Professeure Associée, Université Simón Bolívar
Dpt. d’Informatique et T.I

Le retour au Venezuela, après ma troisième année sabbatique (septembre 2016-août 2017) diffère des deux années précédentes dans un aspect qui restera dans ma mémoire jusqu’ à la fin de mon temps… l’accueil chaleureux de mes jeunes de la USB… Je suis arrivé au Venezuela un dimanche de septembre 2017.

Professeure! Je suis tellement content que vous soyez de retour! On pensait que vous ne reviendriez pas…….
Professeure! Je suis tellement content que vous soyez de retour! Nous vous attendions parce que nous voulons travailler sur vos sujets de recherche….
Professeure! Je suis tellement content que vous soyez de retour! Avez-vous des sujets de thèse à nous proposer?
Professeure! Je suis tellement content que vous soyez de retour! Offrez-vous des matières à option?

Des mots sincères et des sourires m’emplissaient d’énergie pour oublier la fatigue et reprendre mon travail d’enseignante de la USB… surprise, mais heureuse que je sois revenue, mes jeunes de la Bolívar attendaient déjà que je les soutienne.

Etant donné la situation dégradée dans laquelle se trouvent nos universités vénézuéliennes, sans conditions minimales d’enseignement, et encore moins de recherche, beaucoup de professeurs qui partent en stage ou en années sabbatiques, ne reviennent pas…….

Ceux d’entre nous qui restent, ceux qui reviennent, ceux d’entre nous qui veulent continuer à se battre et à soutenir les espoirs de nos étudiants, sont enrichis par ces sourires, ces sourires de bienvenue, ces « merci d’être ici ».

Mais en fait, tout n’est pas romantique… il y a des aspects pratiques qui nous permettent de rester sur nos pieds.

Grâce aux relations académiques et aux projets de recherche que je partage avec les universités françaises (Université de Pau et des Pays de l’Adour, Université Paris Nanterre et Université Paris Dauphine) et au soutien de mes collègues de ces universités (Richard Chbier, Philippe Aniorte), Ernesto Exposito, Ana Karina Fermìn, Maude Manouvrier, Sonia Guehis et Marta Rukoz), j’ai réussi à participer et à promouvoir des initiatives qui visent à soutenir l’enseignement et la recherche vénézuéliens à travers des accords de coopération, des programmes d’échange, la co-direction du travail, etc. En particulier, le projet du Réseau Franco-Vénézuélien, promu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France à Caracas et les universités vénézuéliennes UCAB, UCV, UNIMET, ULA et USB, mérite une mention particulière. Dans ce contexte, la visite du Professeur Philippe Aniorte au Venezuela du 22 au 29 novembre 2017 a été organisée comme première mission informatique. L’objectif de cette mission était de préciser certaines activités et actions visant à renforcer le Réseau tant du point de vue académique que de la recherche dans le domaine de l’informatique. Deux nouvelles missions sont programmées pour 2018, de nouveaux accords de coopération sont en cours d’élaboration, de nouveaux contacts de groupes de recherche d’universités vénézuéliennes commencent à évaluer les possibilités de collaboration avec des groupes de recherche d’universités françaises, des séminaires post-universitaires conjoints ont été prévus lors des visites de collègues français dans les deux missions en 2018…..

L’intérêt de mes collègues français pour le soutien aux universités, aux étudiants et aux professeurs vénézuéliens est évident dans différentes formes: Lancement de projets tels que le Réseau franco-vénézuélien, offrant des opportunités d’échanges d’études et de participation à des projets de recherche internationaux avec application à l’environnement national, soutien à des événements nationaux tels que la Conférence nationale sur l’informatique, l’informatique et les systèmes (CoNCISa), offre de postes de professeur invité pour au moins un mois, accueil pendant l’année sabbatique….. il y a beaucoup de possibilités qui impliquent non seulement des avantages individuels mais aussi d’énormes avantages, que nous apprécions en tant qu’enseignants et chercheurs et que nos étudiants apprécient!

Nous avons besoin de ces instruments et de ce genre de soutien pour continuer à vivre sans perdre nos désirs et à faire partie de la communauté académique![:es]Yudith Cardinale V
Profesor Titular, Universidad Simón Bolívar
Dpto. de Computación y T.I

El regreso a Venezuela, luego de mi tercer año sabático (sept 2016-Agosto 2017) se diferencia de los dos anteriores en un aspecto que quedará en mi memoria hasta el fin de mis tiempos… la cálida bienvenida de mis chicos de la USB … Llegué a Venezuela un domingo de septiembre de 2017. Al día siguiente, aún con los efectos del Jetlag, comencé mi jornada en la Simón…

Profe! Me alegra tanto que haya regresado! Pensábamos que no volvería ….
Profe! Me alegra tanto que haya regresado! La esperábamos porque queremos trabajar en sus temas de investigación …
Profe! Me alegra tanto que haya regresado! ¿Tiene temas de tesis que nos pueda ofrecer?
Profe! Me alegra tanto que haya regresado! ¿Ofrecerà materias electivas?

Palabras y sonrisas sinceras que me llenaron de energía para olvidar el cansancio y retomar mis labores como docente de la USB … sorprendidos, pero alegres de que haya regresado, mis chicos de la Bolívar ya esperaban que les apoyara.

Dada la degradada situación en la que se encuentran nuestras universidades venezolanas, sin condiciones mínimas para ejercer la docencia, mucho menos la investigación, muchos de los profesores que salen de pasantías o de año sabático, no regresan ….

Los que nos quedamos, los que regresamos, los que queremos seguir luchando y apoyando esas esperanzas de nuestros estudiantes, nos enriquecemos de esas sonrisas, de esas bienvenidas, de esas « gracias por estar aquí ».

Pero en efecto, no todo es romanticismo … hay aspectos prácticos que permiten que nos mantengamos en pie.

Gracias a las relaciones académicas y proyectos de investigación que comparto con universidades francesas (Université de Pau et des Pays de l’Adour, Université Paris Nanterre et Université Paris Dauphine) y al apoyo de mis colegas de estas universidades (Richard Chbier, Philippe Aniorte, Ernesto Exposito, Ana Karina Fermìn, Maude Manouvrier, Sonia Guehis y Marta Rukoz), he logrado participar y promover inicitiavas que pretenden apoyar la docencia y la investigaciòn venezolana a través de acuerdos de cooperación, programas de intercambios, co-dirección de trabajos, etc. En particular merece especial mención el proyecto de la Red Franco-Venezolana, promovida por el Servicio de Cooperación y Acción Cultural de la embajada Francesa en Caracas y las universidades venezolanas UCAB, UCV, UNIMET, ULA y USB. En este contexto, se organizó la visita del Prof. Philippe Aniorte a Venezuela, del 22 al 29 de noviembre de 2017, como la primera misión para informática. El objetivo de esta misión consistió en concretar algunas actividades y acciones para fortalecer la Red tanto desde el punto de vista académico como de investigación en el área de informática. Ya se comienzan a ver los frutos … dos nuevas misiones se programaron para el 2018, nuevos acuerdos de cooperación están en proceso de redacción, nuevos contactos de grupos de investigación de las universidades venezolanas comienzan a evaluar las posibilidades de trabajo conjuntos con grupos de investigación de universidades francesas, se plantearon seminarios de postgrado conjuntos durante las visitas de los colegas franceses en las dos misiones de 2018…

El interés de mis colegas franceses de apoyar a las universidades, estudiantes y profesores venezolanos se hace evidente en diferentes formatos: puesta en marcha de proyectos como la Red Franco-Venezolana, ofrecimiento de oportunidades de intercambio de estudios y oportunidades de participar en proyectos de investigación internacionales con aplicación al entorno nacional, apoyo a eventos nacionales como la Conferencia Nacional en Computación, Informática y Sistemas (CoNCISa), ofrecimiento de puestos de profesor invitado por al menos un mes, acogimiento durante el año sabático … son muchas las posibilidades que implican beneficios no solo individuales, sino masivos, que como docentes e investigadores apreciamos y que nuestros estudiantes agradecen!

Necesitamos de estos instrumentos y de este tipo de apoyo para mantenernos sin que mueran nuestras ganas y seguir siendo parte de la academia!
[:en]Yudith Cardinale V
Associate Professor, University Simón Bolívar
Dpt. of Informatics and T.I

The return to Venezuela, after my third sabbatical year (September 2016-August 2017) differs from the two previous ones in an aspect that will remain in my memory until the end of my time… the warm welcome of my USB kids… I arrived in Venezuela on a Sunday in September 2017. The next day, even with the effects of the Jetlag, I started my journey in the Simon…

Teacher! I’m so glad you’re back! We thought you wouldn’t come back…..
Teacher! I’m so glad you’re back! We were expecting you because we want to work on your research topics…
Teacher! I’m so glad you’re back! Do you have any thesis topics you can offer us?
Teacher! I’m so glad you’re back! Will you offer elective subjects?

Sincere words and smiles filled me with energy to forget the tiredness and resume my work as a USB teacher… surprised, but happy that I have returned, my boys from the Bolívar were already waiting for me to support them.

Given the degraded situation in which our Venezuelan universities find themselves, with no minimum conditions for teaching, much less research, many of the professors who leave their internships or sabbatical years, do not return…..

Those of us who stay, those of us who return, those of us who want to continue fighting and supporting the hopes of our students, are enriched by those smiles, those welcome smiles, those « thank you for being here ».

But in fact, not everything is romanticism… there are practical aspects that allow us to stay on our feet.

Thanks to the academic relations and research projects that I share with French universities (Université de Pau et des Pays de l’ Adour, Université Paris Nanterre et Université Paris Dauphine) and the support of my colleagues at these universities (Richard Chbier, Philippe Aniorte, Ernesto Exposito, Ana Karina Fermìn, Maude Manouvrier, Sonia Guehis and Marta Rukoz), I have managed to participate and promote initiatives that aim to support Venezuelan teaching and research through cooperation agreements, exchange programs, co-direction of work, etc. In particular, the Franco-Venezuelan Network project, promoted by the Service for Cooperation and Cultural Action of the French embassy in Caracas and the Venezuelan universities UCAB, UCV, UNIMET, ULA and USB, deserves special mention. In this context, Prof. Philippe Aniorte’s visit to Venezuela from 22 to 29 November 2017 was organized as the first mission for informatics. The objective of this mission was to specify some activities and actions to strengthen the Network both from an academic and research point of view in the area of informatics. Two new missions have been scheduled for 2018, new cooperation agreements are in the process of being drawn up, new contacts of research groups from Venezuelan universities are beginning to evaluate the possibilities of working together with research groups from French universities, joint postgraduate seminars were planned during the visits of French colleagues in the two missions in 2018….

The interest of my French colleagues in supporting Venezuelan universities, students and professors is evident in different formats: Launching of projects such as the Franco-Venezuelan Network, offering opportunities for exchange of studies and opportunities to participate in international research projects with application to the national environment, support for national events such as the National Conference on Computing, Informatics and Systems (CoNCISa), offer of invited professorship positions for at least one month, hosting during the sabbatical year…. there are many possibilities that involve not only individual but massive benefits, which we as teachers and researchers appreciate and which our students appreciate!

We need these instruments and this kind of support to keep us going without our desires dying and to remain part of the academy!
[:]

[:fr]La science lutte dans mon pays ravagé[:es]La ciencia lucha en mi país devastado[:en]Science struggles on in my ravaged country[:]

[:fr]

Benjamin Scharifker
Recteur de l’Université Metropolitaine de Caracas

Article publié dans Nature, Mai 2017[:es]

Benjamin Scharifker
Rector de la Universidad Metropolitana de Caracas

Articulo publicado en Nature, Mayo 2017[:en]

Benjamin Scharifker
Rector of the Metropolitan University of Caracas

Articule published in Nature, May 2017[:]

[:fr]l’UDO est sans lumière depuis sept mois pour le vol de câbles[:es]La UDO tiene siete meses sin luz por robo de cableado[:en]UDO has been out of light for seven months for stealing cabling[:]

[:fr]Depuis le mois de juin dernier, les étudiants de l’Université de l’Oriente (UDO) antenne de Anzoátegui, à Barcelone, ont dû assister à des cours dans l’obscurité en raison du vol du câblage de la centrale électrique située dans la région de Básico.

http://eltiempo.com.ve/2018/02/02/la-udo-tiene-siete-meses-sin-luz-por-robo-de-cableado/[:es]Desde junio del año pasado, alumnos de la Universidad de Oriente (UDO) Núcleo de Anzoátegui, en Barcelona, han tenido que ver clases a oscuras por el robo del cableado de la central eléctrica ubicada en el área de Básico

http://eltiempo.com.ve/2018/02/02/la-udo-tiene-siete-meses-sin-luz-por-robo-de-cableado/[:en]Since June last year, students from the University of Oriente (UDO) Núcleo de Anzoátegui, in Barcelona, have had to watch classes in the dark due to the theft of the wiring of the power plant located in the area of Básico.

http://eltiempo.com.ve/2018/02/02/la-udo-tiene-siete-meses-sin-luz-por-robo-de-cableado/[:]

[:fr]Anéantissement de la science expérimentale de base au Venezuela[:es]La aniquilación de la ciencia básica experimental en Venezuela[:en]Annihilation of basic experimental science in Venezuela[:]

[:fr]

Nelson Araujo Álvarez
Universidad Simón Bolívar

Quand je commençais à peine à étudier la chimie et que je suis entré pour la première fois dans un laboratoire de recherche scientifique, j’ai été ébloui par la quantité d’équipement, d’instruments et de réactifs nécessaires à la science expérimentale, mais ce qui a retenu mon attention, c’est le grand nombre d’étudiants et de chercheurs qui se voyaient travailler, chacun indépendamment mais synchronisés au même rythme que s’il s’agissait d’une horloge fine.

À partir de ce moment, j’ai eu le rêve d’avoir mon propre laboratoire pour faire de la science expérimentale comme quand j’étais enfant et j’ai transformé ma chambre en petit laboratoire avec un de mes jeux préférés, une petite équipe de chimie appelée Quimilab. De cette expérience en tant qu’étudiant en chimie, je me suis consacré à comprendre l’art de la recherche scientifique et au cours de ce processus, j’ai réalisé que l’une des activités qui me passionnait le plus était la conception d’expériences, puis la réalisation dans un laboratoire et la satisfaction de ma propre curiosité, alors j’ai commencé à comprendre l’émotion qui est ressentie lorsque j’ai prononcé le mot « eureka » qui nous fait rappeler tellement l’histoire du génie Archimède.

Pour réaliser ce rêve, il était nécessaire de me préparer jusqu’ à ce que j’atteigne le défi suprême, car il était de faire une thèse de doctorat en chimie où j’ai appris la rigueur de la méthode scientifique et la discipline lorsque vous faites une expérience avec vos propres mains. Au cours de ces années de doctorat, j’ai compris que la science et encore plus la science expérimentale fondamentale ne peut se développer sans un système public ou privé qui finance le travail des scientifiques et c’est lors de la rédaction de mon premier projet de recherche. J’ai présenté le projet à un organisme de financement vénézuélien qui a été reconnu et approuvé pour son financement et c’était ma première grande réalisation professionnelle parce que, pour la première fois, j’étais responsable et gestionnaire de l’argent pour mon propre projet scientifique, et même si je n’avais pas de laboratoire, j’ai reçu l’aide d’autres chercheurs qui m’ont prêté leur infrastructure pour développer la recherche. Cette joie n’ a pas duré longtemps parce que presque immédiatement j’ai eu un fort impact avec la réalité vénézuélienne, j’ai trouvé impossible d’acheter avec des devises étrangères les réactifs et l’équipement budgétisés dans le projet en raison du système de contrôle des changes qui ne permettait pas l’achat en dollars à des fins scientifiques, rendant impossible l’exécution du projet.

Aujourd’hui j’ai mon propre laboratoire, un de mes rêves d’étudiant en chimie déjà réalisé, mais c’est un rêve tronqué par la réalité vénézuélienne actuelle car c’est un laboratoire vide, absent des étudiants et des chercheurs qui se déplacent au rythme d’une horloge à vent. La passion reste dans mon cœur et les idées restent dans mon esprit, mais nous restons isolés sans avoir les moyens d’acheter de nouveaux réactifs et de nouveaux équipements encore plus difficiles à démarrer ou à achever nos projets scientifiques. Les scientifiques vénézuéliens sont témoins de l’anéantissement de la science expérimentale fondamentale au Venezuela et il faudra beaucoup d’aide humanitaire et de nombreuses années pour reconstruire l’activité scientifique et la productivité que nous avons eues par le passé et comme mon laboratoire est vide et désolé d’attente pour les obstacles à surmonter et de nouvelles occasions d’expérimenter.[:es]

Nelson Araujo Álvarez
Universidad Simón Bolívar

Cuando apenas comenzaba a estudiar Química y entré por primera vez a un laboratorio de investigación científica, me sentí deslumbrado por la cantidad de equipos, instrumentos y reactivos que se necesitaban para hacer ciencia experimental, pero lo que llamó más mi atención fue la gran cantidad de estudiantes e investigadores que se veían trabajando, cada uno de forma independiente pero sincronizados a un mismo ritmo como si fuera un fino reloj de cuerda.

A partir de ese momento tuve el sueño de tener algún día mi propio laboratorio para hacer ciencia experimental como cuando era niño y transformaba mi habitación en un pequeño laboratorio con uno de mis juegos favoritos, un pequeño equipo de química llamado Quimilab. A partir de esa experiencia como estudiante de química me dediqué a comprender el arte de la investigación científica y durante ese proceso me di cuenta que una de las actividades que más me apasionaban era diseñar experimentos para luego hacerlo realidad en un laboratorio y satisfacer mi propia curiosidad, de esta manera comencé a comprender la emoción que se siente al pronunciar la palabra « eureka » que tanto nos hace recordar la historia del genial Arquímides.

Para alcanzar este sueño fue necesario prepararme hasta llegar al desafío supremo como lo fue hacer una Tesis de Doctorado en Química donde aprendí la rigurosidad del método científico y la disciplina cuando haces un experimento con tus propias manos. En aquellos años de Doctorado entendí que la ciencia y aún más la ciencia básica experimental no puede desarrollarse si no existe un sistema público o privado que financie el trabajo de los científicos y fue cuando escribí mi primer proyecto de investigación. El proyecto lo presenté ante un organismo venezolano de financiamiento que fue reconocido y aprobado para su financiamiento y fue mi primer gran logro profesional porque por primera vez era el responsable y administrador del dinero de mi propio proyecto científico y aunque aún no tenía laboratorio recibí la ayuda de otros investigadores quienes me prestaron su infraestructura para desarrollar la investigación. Esta alegría no duró mucho tiempo porque casi de inmediato tuve un fuerte impacto con la realidad venezolana, me encontré con la imposibilidad de comprar con moneda extranjera los reactivos y equipos presupuestados en el proyecto debido al sistema de control de cambio que no permitía la compra en dólares para fines científicos, haciendo imposible ejecutar el proyecto.

Hoy en día tengo mi propio laboratorio, unos de mis sueños de estudiante de química ya cumplidos, pero es un sueño truncado por la actual realidad venezolana porque es un laboratorio vacío, ausente de estudiantes e investigadores que se muevan al ritmo de un reloj de cuerda. La pasión sigue en mi corazón y las ideas siguen en mi mente pero continuamos aislados sin poder acceder a comprar nuevos reactivos y aún más difícil nuevos equipos para comenzar o terminar nuestros proyectos científicos. Los científicos venezolanos estamos siendo testigos de la aniquilación de la ciencia básica experimental en Venezuela y requerirá de mucha ayuda humanitaria y muchos años para reconstruir la actividad y la productividad científica que alguna vez tuvimos y al igual que mi laboratorio se encuentra vacío y desolado a la espera de que se superen los obstáculos y lleguen nuevas oportunidades para hacer experimentos.[:en]

Nelson Araujo Álvarez
Universidad Simón Bolívar

When I was just beginning to study Chemistry and for the first time I entered a scientific research laboratory, I was dazzled by the amount of equipment, instruments and reagents needed to do experimental science, but what caught my attention most was the large number of students and researchers who saw themselves working, each independently but synchronized at the same rate as if it were a fine clockwork clock.

From that moment on I had the dream of having my own laboratory to do experimental science as when I was a child and I transformed my room into a small laboratory with one of my favorite games, a small chemistry team called Quimilab. From that experience as a student of chemistry I dedicated myself to understanding the art of scientific research and during that process I realized that one of the activities that I was most passionate about was designing experiments and then making it happen in a laboratory and satisfying my own curiosity, so I began to understand the emotion that is felt when I pronounced the word « eureka » that makes us remember so much the history of the genius Archimedes.

To achieve this dream it was necessary to prepare myself until I reached the supreme challenge as it was to do a PhD Thesis in Chemistry where I learned the rigour of the scientific method and discipline when you do an experiment with your own hands. In those years of Doctorate I understood that science and even more the basic experimental science cannot develop unless there is a public or private system that finances the work of scientists and it was when I wrote my first research project. I presented the project to a Venezuelan funding agency that was recognized and approved for funding and it was my first great professional achievement because for the first time I was responsible and manager of the money for my own scientific project, and even though I didn’t have a laboratory, I received the help of other researchers who lent me their infrastructure to develop the research. This joy did not last long because almost immediately I had a strong impact with the Venezuelan reality, I found it impossible to buy with foreign currency the reagents and equipment budgeted in the project due to the exchange control system that did not allow the purchase in dollars for scientific purposes, making it impossible to execute the project.

Today I have my own laboratory, one of my chemistry student dreams already fulfilled, but it is a dream truncated by the current Venezuelan reality because it is an empty laboratory, absent from students and researchers who move to the rhythm of a wind clock. Passion remains in my heart and the ideas remain in my mind but we remain isolated without being able to afford to buy new reagents and even more difficult new equipment to start or finish our scientific projects. Venezuelan scientists are witnessing the annihilation of basic experimental science in Venezuela and it will require much humanitarian aid and many years to rebuild the scientific activity and productivity that we once had and like my laboratory is empty and desolate waiting for the obstacles to be overcome and new opportunities to experiment.[:]

[:fr]CLAB: Plus de 40 ans d’action en faveur de l’éducation et de l’intégration en Amérique latine et dans les Caraïbes[:es]CLAB: Mas de 40 años promoviendo la enseñanza y la integración en América Latina y el Caribe [:en]CLAB: More than 40 years promoting education and integration in Latin America and the Caribbean[:]

[:fr]

Miriam Ramos, M. Alexandra García-Amado
Institut Vénézuélien de Recherches Scientifiques

(éditorial publié dans la revue Interciencia)

Le Centre latino-américain des sciences biologiques (CLAB) est un centre régional créé en 1973 par accord signé entre l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et le Gouvernement vénézuélien en vue de promouvoir la recherche et l’enseignement dans le domaine des sciences biologiques en Amérique latine et dans les Caraïbes et de favoriser l’intégration de la région par la coopération dans ce domaine du savoir. Le CLAB est un centre autonome au service des Etats membres et des Membres associés de l’Unesco, situé au Centre de biophysique et de biochimie de l’Institut vénézuélien de recherche scientifique (IVIC).
Tout au long de ses 42 ans d’existence, le CLAB a organisé 47 cours et ateliers internationaux de haut niveau scientifique, offrant un service qui facilite la recherche et l’enseignement des sciences biologiques dans la région. En outre, plus de 20 séminaires et réunions scientifiques ont été organisés, ainsi que quatre congrès internationaux.
Le CLAB est le plus ancien centre de l’Unesco au Venezuela et, grâce à l’organisation de ses cours, ateliers, colloques, séminaires et congrès, il a permis à des étudiants de toute l’Amérique latine et des Caraïbes de partager en direct avec des professeurs experts du savoir scientifique, venus dans le pays grâce à son esprit de coopération, pour partager leurs connaissances. Il convient de mentionner la participation d’un lauréat du prix Nobel et de plusieurs nominés pour ce prix.
Pour célébrer le 42e anniversaire de la création du CLAB, nous voudrions vous présenter un résumé des activités organisées au cours de ces quatre décennies. Au cours de ses 10 premières années d’existence, le CLAB a organisé 13 cours avec 157 professeurs étrangers, 97 professeurs vénézuéliens, 196 étudiants étrangers et 126 étudiants vénézuéliens. Entre 1984 et 1994,13 cours et 10 manifestations (ateliers, colloques et séminaires) ont été organisés, auxquels ont participé 107 professeurs étrangers et 70 professeurs vénézuéliens, 285 étudiants étrangers et 401 étudiants locaux. Au cours de la troisième décennie, entre 1995 et 2005, huit cours, neuf manifestations du CLAB ont été organisées: PLUS DE 40 ANS DE PROMOTION DE L’ENSEIGNEMENT ET DE L’INTÉGRATION EN AMÉRIQUE LATINE ET DANS LES CARAÏBES et quatre congrès, avec la participation de 252 professeurs étrangers, 240 Vénézuéliens, 135 étudiants étrangers et 1079 Vénézuéliens.
Toutefois, depuis 2006, la participation des étudiants latino-américains et caribéens, ainsi que des professeurs étrangers, a considérablement diminué. Malgré le fait que 13 cours et deux événements ont été organisés, seuls 38 professeurs et 63 étudiants sont venus d’autres pays, tandis que 68 professeurs et 523 étudiants du Venezuela y ont participé. La baisse de la participation des enseignants et des étudiants d’autres pays s’est accentuée depuis 2012 avec la crise de la vente des billets d’avion internationaux au Venezuela, provoquant que ces trois dernières années l’organisation d’événements internationaux par le CLAB a été pratiquement nulle. C’est alarmant, étant donné que les étudiants et les professeurs vénézuéliens dans le domaine scientifique s’isolent du reste du monde et, si l’on considère que la raison d’être du CLAB est de fournir un espace d’enseignement aux biologistes latino-américains et caribéens, le problème nous concerne tous dans la région. Dans le cas spécifique du Venezuela, si l’on ajoute les problèmes existants d’accès aux revues scientifiques et d’acquisition des fournitures nécessaires à la recherche, il faut s’attendre à ce que dans les années à venir, la production scientifique du pays continuera de chuter de façon spectaculaire.
Depuis sa création, le CLAB a atteint son objectif de promouvoir la coopération entre les pays d’Amérique latine et des Caraïbes et l’enseignement des sciences biologiques. Ses activités ont mobilisé 4 108 personnes dans plus de 30 pays à travers le monde. Cependant, leur avenir est incertain à l’heure actuelle, car il devient de plus en plus difficile d’inviter des enseignants et des étudiants étrangers au Venezuela.[:es]

Miriam Ramos, M. Alexandra García-Amado
Instituto Venezolano de Investigaciones Científicas

(editorial publicada en la revista Interciencia)

El Centro Latinoamericano de Ciencias Biológicas (CLAB) es un centro regional creado en 1973 por convenio suscrito entre la Organización de las Naciones Unidas para la Educación, la Ciencia y la Cultura (UNESCO) y el Gobierno de Venezuela, a fin de promover la investigación y la enseñanza en las ciencias biológicas en Latinoamérica y el Caribe, y fomentar la integración de la región mediante la cooperación en este campo del conocimiento. El CLAB es un centro autónomo al servicio de los Estados Miembros y Miembros Asociados de la Unesco y tiene sede en el Centro de Biofísica y Bioquímica del Instituto Venezolano de Investigaciones Científicas (IVIC).
A lo largo de sus 42 años de existencia, el CLAB ha organizado 47 cursos y talleres internacionales del más alto nivel científico, prestando un servicio que facilita la investigación y la enseñanza de las biociencias en la región. Así mismo, se han realizado más de 20 seminarios y reuniones científicas, y cuatro congresos internacionales.
El CLAB es el centro Unesco más antiguo en Venezuela y a través de la organización de sus cursos, talleres, simposios, seminarios y congresos ha permitido que los estudiantes de toda América Latina y el Caribe compartan en vivo con profesores expertos del saber científico, quienes han venido al país gracias a su espíritu de cooperación, para compartir sus conocimientos. Vale mencionar la participación de un premio Nobel y varios nominados a este premio.
Con motivo de estar celebrando los 42 años de la creación del CLAB, hemos querido hacer un resumen de las actividades organizadas a lo largo de estas cuatro décadas. En sus primeros 10 años, el CLAB organizó 13 cursos, donde participaron 157 profesores extranjeros, 97 profesores venezolanos, 196 estudiantes extranjeros y 126 estudiantes venezolanos. Entre 1984 y 1994 se organizaron 13 cursos y 10 eventos (talleres, simposios y seminarios) que involucraron a 107 profesores extranjeros y 70 venezolanos, 285 estudiantes extranjeros y 401 locales. En la tercera década, entre 1995 y 2005, fueron organizados ocho cursos, nueve eventos CLAB: MÁS DE 40 AÑOS PROMOVIENDO LA ENSEÑANZA Y LA INTEGRACIÓN EN AMÉRICA LATINA Y EL CARIBE y cuatro congresos, con la participación de 252 profesores extranjeros, 240 venezolanos, 135 estudiantes extranjeros y 1079 venezolanos.
Sin embargo, desde el año 2006 ha tenido lugar un dramático descenso de la participación de estudiantes latinoamericanos y caribeños, así como de profesores extranjeros. A pesar de haberse organizado 13 cursos y dos eventos, tan solo 38 profesores y 63 estudiantes vinieron de otros países, mientras que por Venezuela asistieron 68 profesores y 523 estudiantes. El declive en la participación de profesores y estudiantes de otros países se ha hecho más notorio a partir del año 2012 con la crisis de la venta de boletos aéreos internacionales en Venezuela, ocasionando que en estos últimos tres años la organización de eventos internacionales por parte del CLAB haya sido prácticamente nula. Esto es alarmante, ya que se observa cómo los estudiantes y profesores venezolanos del área científica se están aislando del resto del mundo y, si consideramos que la razón del CLAB es proveer un espacio de enseñanza para los biólogos latinoamericanos y caribeños, el problema nos afecta a todos en la región. En el caso específico de Venezuela, si se le suman los problemas existentes para acceder a las revistas científicas y adquirir los suministros necesarios para realizar las investigaciones, es de esperar que en los próximos años la producción científica en el país continúe descendiendo dramáticamente.
El CLAB ha cumplido desde sus comienzos con su objetivo de promover la cooperación entre los países de Latinoamérica y el Caribe y la enseñanza de las ciencias biológicas. En sus actividades han participado 4.108 personas, provenientes de más de 30 países alrededor del mundo. No obstante, en estos momentos su futuro es incierto, debido a que cada vez es más difícil poder invitar hacia Venezuela a profesores y estudiantes extranjeros.[:en]

Miriam Ramos, M. Alexandra García-Amado
Venezuelan Institute for Scientific Research

(editorial published in the journal Interciencia)

The Latin American Centre for Biological Sciences (CLAB) is a regional centre created in 1973 by agreement signed between the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO) and the Government of Venezuela, to promote research and teaching in the biological sciences in Latin America and the Caribbean, and foster the integration of the region through cooperation in this field of knowledge. CLAB is an autonomous centre at the service of Member States and Associate Members of Unesco and is located at the Centre for Biophysics and Biochemistry of the Venezuelan Institute for Scientific Research (IVIC).
Throughout its 42 years of existence, CLAB has organized 47 international courses and workshops of the highest scientific level, providing a service that facilitates the research and teaching of biosciences in the region. In addition, more than 20 scientific seminars and meetings have been held, as well as four international congresses.
CLAB is the oldest Unesco centre in Venezuela and through the organization of its courses, workshops, symposiums, seminars and congresses has enabled students from all over Latin America and the Caribbean to share live with expert professors of scientific knowledge, who have come to the country thanks to its spirit of cooperation, to share their knowledge. It is worth mentioning the participation of a Nobel Prize winner and several nominees for this award.
To celebrate the 42nd anniversary of the creation of CLAB, we would like to give a summary of the activities organised over these four decades. In its first 10 years, CLAB organized 13 courses with 157 foreign professors, 97 Venezuelan professors, 196 foreign students and 126 Venezuelan students. Between 1984 and 1994,13 courses and 10 events (workshops, symposia and seminars) were organized involving 107 foreign and 70 Venezuelan professors, 285 foreign and 401 local students. In the third decade, between 1995 and 2005, eight courses, nine CLAB events were organized: MORE THAN 40 YEARS PROMOTING TEACHING AND INTEGRATION IN LATIN AMERICA AND THE CARIBBEAN and four congresses, with the participation of 252 foreign professors, 240 Venezuelans, 135 foreign students and 1079 Venezuelans.
However, since 2006 there has been a dramatic decrease in the participation of Latin American and Caribbean students, as well as foreign professors. Despite the fact that 13 courses and two events were organized, only 38 professors and 63 students came from other countries, while 68 professors and 523 students from Venezuela attended. The decline in the participation of teachers and students from other countries has become more noticeable since 2012 with the crisis of the sale of international air tickets in Venezuela, causing that in the last three years the organization of international events by CLAB has been practically null. This is alarming, given that Venezuelan students and professors in the scientific field are isolating themselves from the rest of the world and, if we consider that CLAB’s reason is to provide a teaching space for Latin American and Caribbean biologists, the problem affects us all in the region. In the specific case of Venezuela, if we add the existing problems of accessing scientific journals and acquiring the necessary supplies to carry out research, it is to be expected that in the coming years scientific production in the country will continue to drop dramatically.
Since its inception, CLAB has fulfilled its objective of promoting cooperation between the countries of Latin America and the Caribbean and the teaching of the biological sciences. Its activities have involved 4,108 people from more than 30 countries around the world. However, their future is uncertain at the moment, because it is becoming increasingly difficult to invite foreign teachers and students to Venezuela.[:]

[:fr]Interview de Claudio Bifano, président du conseil d’administration de l’Académie des Sciences d’Amérique Latine[:es]Entrevista de Claudio Bifano, presidente de la junta directiva de la Academia de Ciencias de América Latina[:en]Interview of Claudio Bifano, chairman of the executive board of the Latin American Academy of Sciences[:]

[:fr]Interview donnée par Claudio Bifano Rizzuti, chimiste vénézuélien et président du conseil d’administration de l’Académie des Sciences d’Amérique Latine, au journal El Tiempo le 17 août 2017.

 

À 78 ans, le professeur vénézuélien et chimiste Claudio Bifano Rizzuti, qui préside le conseil d’administration de l’Académie latino-américaine des sciences, a été nommé mercredi dernier par l’Académie colombienne des sciences exactes, physiques et naturelles en tant qu’universitaire honoraire, pour sa contribution à la recherche scientifique au cours des dernières décennies. Actuellement, Bifano se consacre à l’enseignement universitaire au Venezuela.

Comment la situation politique au Venezuela a-t-elle affecté la science ?

Ce qui se passe au Venezuela est un véritable désastre, comme en témoigne le nombre de personnes qui ont émigré du pays. La situation est si mauvaise que même les personnes qui ont reçu une formation académique adéquate n’ont d’autre choix que de quitter le pays pour se développer professionnellement. Plus de 100 chimistes avec un doctorat sont partis du Venezuela, et on est à court de mathématiciens pour les universités. Il n’ y a pas de possibilité de travailler ni d’avoir une vie adéquate et sûre. Je trouve cela très difficile à dire, mais la situation au Venezuela est terrifiante. Science, technologie, services médicaux, services de transport, communications, tout a été détruit.
Ce gouvernement, qui a aujourd’hui 18 ans et qui a été vendu au monde entier en tant qu’humaniste, progressiste, de gauche et tout ce qu’ils peuvent imaginer, a provoqué le déclin de l’infrastructure institutionnelle, technique et éducative du pays.

Qu’est-ce qui attend le Venezuela avec la migration intellectuelle que vit le pays?

Quand Marcos Pérez Jiménez est tombé en 1958, j’étais en première année à l’université, et il y avait une énorme illusion de l’avenir. Le Venezuela offrait une extraordinaire promesse d’avenir qui devint réalité à bien des égards. Lorsque ce naufrage sera derrière nous, nous devrons recommencer à construire ce qu’ils détruisent. Certains reviendront, d’autres viendront de l’extérieur, mais l’important est que nous ayons encore de la bonne matière grise et surtout une expérience que nous pouvons transmettre aux jeunes.

Quel est l’investissement du gouvernement vénézuélien dans le secteur des sciences ?

Au Venezuela, il existe un programme appelé Loi organique de la science, de la technologie et de l’innovation. Elle a déclaré que toutes les entreprises publiques et privées devraient consacrer un pourcentage de leur revenu brut à la science et à la technologie, ce qui est une très bonne idée. L’impôt s’élève à 2,5 pour cent de votre revenu, ce qui se traduit par une importante somme d’argent allant directement au ministère des Sciences et de la Technologie, qui s’en occupe avec trop de discrétion. L’utilisation de l’argent n’est pas transparente. Par exemple, nous avons envoyé dans l’espace quelques satellites qui ont été utilisés à cette fin, mais même pas une seule vis n’ a été fabriquée dans notre pays.

Si on ajoute la contribution de l’État, de l’ordre de 0,3 pour cent, plus ce qui vient du programme, les fonctionnaires sont remplis de fierté en disant que le Venezuela a un investissement de plus de 2,5 pour cent du PIB dans la science et la technologie. Mais c’est un mensonge, pas même le Danemark n’a ça.

On ne sait pas dans quoi cet argent est investi ?

Non, on n’en a aucune idée. Cela peut aller de la route à la sécurité ou autre chose. Mais, au début, les entreprises elles-mêmes ont décidé dans quels projets elles voulaient investir leur argent. Le problème, c’est que lorsque le gouvernement s’est rendu compte du montant d’argent reçu, il a annulé cette option et a commencé à percevoir l’argent et à l’utiliser comme bon lui semblait.

Si l’argent était utilisé dans ce qui est censé être utilisé, il serait laissé et personne ne quitterait le pays. Nous aurions des laboratoires parfaitement équipés, nous pourrions publier dans les meilleures revues scientifiques du monde, assister à tous les congrès, organiser des congrès. Mais rien de tout cela ne peut être fait.

Quel a été le meilleur moment pour la recherche scientifique au Venezuela ?

Les années 80 et 90. En 1958, nous avons commencé à nous organiser et nous avons créé la faculté des sciences de l’Université centrale et l’Institut vénézuélien de recherche scientifique. Là, la science a commencé à être considérée comme une activité professionnelle.

S’il est si compliqué de se procurer de la nourriture ou des fournitures médicales, comment s’ y prend-on pour l’expérimentation en recherche, par exemple ?

On ne peut plus continuer. Ce n’est pas fini. Les coûts sont bien au-dessus de tout financement que l’on pourrait obtenir d’un portefeuille gouvernemental. Il ne suffirait pas pour acheter des réactifs, encore moins des instruments scientifiques.

Sur quoi vivent-ils alors ?

Sur le passé. De l’infrastructure qui a été construite jusqu’au début des années 2000. Depuis ce moment-là, nous chutons

Et comment sont donnés les cours pratiques ?

On ne peut pas les donner non plus. Parfois, nous envoyons des informations uniquement par Internet. Mais nous devons continuer d’espérer et de croire que les choses vont s’améliorer. Nous serons toujours prêts à travailler.

 

 

 

IBARRA BRUN TATIE
Rédactrice d’EL TIEMPO

 [:es]

‘Lo que pasa con la ciencia en Venezuela es un desastre’

El químico Claudio Bifano habla de la situación del país en materia de ciencia y tecnología en una entrevista para el Tiempo 

http://www.eltiempo.com/mundo/latinoamerica/entrevista-de-tatiana-pardo-a-claudio-bifano-sobre-venezuela-121100

 

 

 [:en]Interview given by Claudio Bifano Rizzuti, Venezuelan chemist and chairman of the executive board of the Latin American Academy of Sciences, to El Tiempo on 17 August 2017.

At 78 years of age, Venezuelan professor and chemist Claudio Bifano Rizzuti, who chairs the executive board of the Latin American Academy of Sciences, was appointed last Wednesday by the Colombian Academy of Natural Sciences as an honorary scholar, for his contribution to scientific research over the past decades. Currently, Bifano is dedicated to university teaching in Venezuela.

How has the political situation in Venezuela affected science?

What is happening in Venezuela is a disaster, as evidenced by the number of people who have emigrated from the country. The situation is so bad that even people with adequate academic training have no choice but to leave the country to develop professionally. More than 100 chemists with a doctorate have left Venezuela, and we are short of mathematicians for universities. There is no opportunity to work or to have an adequate and safe life. I find that very difficult to say, but the situation in Venezuela is terrifying. Science, technology, medical services, transportation services, communications, everything has been destroyed.
This government, which is now 18 years old and has been sold to the world as a humanist, progressive, left-wing and everything they can imagine, has caused the decline of the country’s institutional, technical and educational infrastructure.

What awaits Venezuela with the intellectual migration that the country is experiencing?

When Marcos Pérez Jiménez fell in 1958, I was in my first year at university, and there was a huge illusion of the future. Venezuela offered an extraordinary promise for the future that became a reality in many ways. When this shipwreck is behind us, we will have to start building again what they are destroying. Some will come back, others will come from outside, but the important thing is that we still have good grey matter and above all an experience that we can pass on to the young people.

What is the Venezuelan government’s investment in the science sector?

In Venezuela, there is a programme called the Organic Law of Science, Technology and Innovation. She said that all public and private companies should devote a percentage of their gross income to science and technology, which is a very good idea. The tax is 2.5 per cent of your income, which translates into a significant amount of money going directly to the Department of Science and Technology, which deals with it too discreetly. The use of money is not transparent. For example, we have sent a few satellites into space that have been used for this purpose, but not even a single screw has been manufactured in our country.

If we add the government’s contribution, in the order of 0.3 per cent, plus what comes from the program, officials are filled with pride when they say that Venezuela has an investment of more than 2.5 per cent of GDP in science and technology. But it’s a lie, not even Denmark has that.

We don’t know what that money is invested in?

No, we have no idea. It can go from the road to safety or whatever. But in the beginning, the companies themselves decided which projects they wanted to invest their money in. The problem is that when the government realized the amount of money received, it cancelled that option and began to collect the money and use it as it saw fit.

If the money were used in what is supposed to be used, it would be left and nobody would leave the country. We would have well-equipped laboratories, we could publish in the best scientific journals of the world, attend all congresses, organize congresses. But none of this can be done.

What was the best time for scientific research in Venezuela?

The’ 80s and’ 90s. In 1958, we started to organize ourselves and we created the Faculty of Science of the Central University and the Venezuelan Institute for Scientific Research. There, science began to be regarded as a professional activity.

If it is so complicated to obtain food or medical supplies, how do we go about experimentation in research, for example?

We can’t do this anymore. It’s not over yet. The costs are well above any funding that could be obtained from a government portfolio. It would not be enough to buy reagents, let alone scientific instruments.

What do they live on then?

About the past. From the infrastructure that was built until the early 2000s. Since then, we’ve been dropping

And how are the practical courses given?

We can’t give them either. Sometimes we only send information over the Internet. But we must continue to hope and believe that things will improve. We will always be ready to work.[:]

[:fr]Le département de Mathématiques de l’UCV ne doit pas rester à l’abandon![:es]¡El departamento de matemáticas de la UCV no puede seguir abandonado![:en]The Mathematics department of the UCV can’t stay abandoned![:]

[:fr]

Marc Lavielle
Inria & Ecole Polytechnique

J’ai eu la grande chance de faire ma thèse à l’Université Centrale du Venezuela il y a déjà 30 ans… Je me souviens du plaisir que j’avais à arriver le matin à la Faculté de Sciences, à aller  à la cafeteria et y croiser une multitude de collègues,  d’étudiants, de membres du personnels… J’aimais aussi déambuler dans le long couloir du département de Mathématiques, y entendre parler d’espaces de Banach, de processus stochastiques, d’analyse harmonique, y croiser des chercheurs invités venus des quatre coins du monde… Comme beaucoup, je garde en mémoire le sourire de  Mischa Cotlar, grande figure des mathématiques du 20ème siècle qui avait fui la dictature argentine pour trouver refuge au Venezuela dans les années 70.

Aujourd’hui, le Département de Mathématiques  est vide… des vautours (zamuros) l’ont envahi pour y faire leurs nids. Je refuse d’imaginer que ce bureau dans lequel j’ai rédigé ma thèse reste dans cet état!
[:es]

Marc Lavielle
Inria & Ecole Polytechnique

Tuve la gran oportunidad de hacer mi tesis en la Universidad Central de Venezuela hace 30 años… Recuerdo el placer que tenia llegando por la mañana a la Facultad de Ciencias, ir a la cafetería y encontrarme con una multitud de colegas, estudiantes, miembros del personal… También me gustaba pasear por el largo pasillo del Departamento de Matemáticas, escuchando hablar sobre espacios de Banach, procesos estocásticos, análisis armónico, conociendo investigadores invitados del mundo entero… Como muchos, recuerdo la sonrisa de Mischa Cotlar, gran figura de las matemáticas del siglo XX que había huido de la dictadura argentina para refugiarse en Venezuela en los años setenta.

Hoy en día, el Departamento de Matemáticas está vacío… los zamuros lo invadieron para hacer sus nidos. ¡Me niego a imaginar que esta oficina en la que escribí mi tesis permanezca en este estado![:en]

Marc Lavielle
Inria & Ecole Polytechnique

I had the great chance to do my thesis at the Central University of Venezuela 30 years ago… I remember the pleasure I had to arrive in the morning at the Faculty of Science, to go to the cafeteria and meet a multitude of colleagues, students, staff members… I also enjoyed walking through the long corridor of the Mathematics Department, listening to talk about Banach spaces, stochastic processes, harmonic analysis, meeting guest researchers from all over the world… Like many, I remember the smile of Mischa Cotlar, a great figure of 20th century mathematics who had fled the argentine dictatorship to seek refuge in Venezuela in the 1970s.

Today, the Mathematics Department is empty… vultures (zamuros) invaded it to make their nests. I refuse to imagine that this office in which I wrote my thesis remains in this state!
[:]

[:fr]Besoins actuels pour maintenir la science et l’enseignement universitaire au Venezuela.[:es]Necesidades actuales para mantener la ciencia y la educación universitaria en Venezuela.[:en]Current needs to maintain science and university education in Venezuela.[:]

[:fr]

Claudio Bifano
Professeur de l’Université Centrale du Venezuela

L’activité scientifique et, par voie de conséquence, l’enseignement universitaire traversent une période de grande difficulté au Venezuela, après avoir réussi à construire, au cours de plus de quarante ans de travail sérieux, une communauté scientifique respectée au niveau régional et internationalement reconnue. Cela a été démontré par le nombre croissant de publications scientifiques produites au cours de ces années, les programmes d’études doctorales accrédités dans les universités et les instituts de recherche, et le niveau de formation des enseignants universitaires.

Les choses ont radicalement changé dans le pays au cours des quinze dernières années. La recherche scientifique a été fortement affectée par les conséquences de mauvaises politiques qui ont entraîné une baisse visible de sa productivité, la détérioration des infrastructures de recherche et la fermeture des lignes de recherche.

La paralysie du secteur industriel, y compris l’industrie pétrolière et minière, a complètement éliminé la demande de science et de technologie et depuis plusieurs années, il n’ y a pas eu un seul brevet au Venezuela. En ce qui concerne l’université, le manque de fonds publics pour assurer l’enseignement, l’élimination des programmes de financement de la recherche par des organismes d’État, l’élimination des programmes de bourses d’excellence universitaire et les salaires très bas, ont entraîné une forte émigration de professeurs de haut niveau dans plusieurs pays du monde. Mais, malgré tout, il y a encore des professeurs, des chercheurs et des étudiants de premier, deuxième et troisième cycles qui sont prêts à faire un enseignement et de la recherche de bon niveau.

Mais pour que cela soit possible, ils ont besoin de l’aide de la communauté internationale. Je veux parler de l’aide qui se matérialise concrètement en répondant aux besoins fondamentaux de la recherche et de l’enseignement. C’est-à-dire disposer d’équipements et de réactifs de laboratoire – ou de pièces pouvant être utilisées pour remplacer celles qui sont endommagés-, disposer d’une bibliographie scientifique à jour, avoir la possibilité de mener des projets de recherche avec des pairs internationaux, assister à des congrès scientifiques internationaux, recevoir des visites de collègues étrangers pour la dictée de cours ou la collaboration à des cours de troisième cycle. Et pour les jeunes professeurs d’avoir la possibilité de visiter, pour de courtes périodes, des laboratoires de recherche d’autres parties du monde, de réaliser une partie d’un projet de recherche ou de compléter des thèses de doctorat.

Répondre aux besoins fondamentaux en matière d’enseignement et de recherche réduit la demande actuelle et urgente de professeurs, de chercheurs et d’étudiants vénézuéliens à la communauté scientifique internationale.

 [:es]

Claudio Bifano
Profesor Titular de la Universidad Central de Venezuela

La actividad científica y, en consecuencia, la educación universitaria, están atravesando un periodo de grandes dificultades en Venezuela, después de
haber logrado construir, a lo largo de más de cuarenta años de trabajo serio, una comunidad científica respetada a nivel regional y reconocida a nivel internacional. Así lo demostraba el número creciente de publicaciones científicas que ocurrían en esos años; los programas de postgrado acreditados en universidades e institutos de investigación y el nivel de formación de los profesionales de pre y postgrado.

Las cosas han cambiado drásticamente en el país en los últimos quince años. La investigación científica se ha visto muy afectada por la imposición de
políticas erradas que han producido una visible disminución de su productividad, el deterioro de la infraestructura la para la investigación y el
cierre de líneas de investigación.

La paralización del sector industrial, incluida la industria petrolera y minera, ha eliminado totalmente la demanda de ciencia y tecnología y desde hace varios años no se produce una sola patente en Venezuela. En cuanto a la universidad, la falta de un financiamiento del Estado para
asegurar la docencia de pregrado, la eliminación de programas de financiamiento para la investigación y el postgrado a través de organismos del
Estado, la eliminación de programas de becas de excelencia académica y los bajísimos salarios, han producido la gran emigración de profesores de alto nivel a varios países del mundo. Pero, a pesar de todo, aun permanecen en el país profesores, investigadores y estudiantes de pre y postgrado dispuestos a hacer docencia e investigación de buen nivel.

Pero, para que sea posible es necesario que reciban ayuda de la comunidad internacional. Me refiero a una ayuda que se materialice de manera concreta en remediar necesidades básicas para el ejercicio de la investigación y la docencia. Es decir, disponer de equipos y reactivos de laboratorio –o de partes que puedan servir para remplazar las que están dañadas-, contar con bibliografía científica actualizada; tener la posibilidad de realizar proyectos de investigación con pares internacionales; asistir a congresos científicos internacionales; recibir visitas de colegas extranjeros para el dictado de cursos o colaboración en los postgrados. Y para los profesores más jóvenes tener la perspectiva de poder visitar, por tiempos cortos, laboratorios de investigación de otras partes del mundo, para realizar parte de un proyecto de investigación o completar tesis de doctorado.

A subsanar necesidades básicas para la docencia y la investigación se reduce la demanda actual y urgente que hacen los profesores, investigadores y
estudiantes venezolanos a la comunidad científica internacional.

 [:en]

Claudio Bifano
Professor at the Central University of Venezuela

Scientific activity and, consequently, university education, are going through a period of great difficulty in Venezuela, after having managed to build, over more than forty years of serious work, a respected scientific community at regional level and internationally recognized. This was demonstrated by the growing number of scientific publications that were produced in those years; the accredited postgraduate programmes at universities and research institutes; and the level of training of pre and postgraduate professionals.

Things have changed dramatically in the country in the last fifteen years. Scientific research has been greatly affected by the imposition of wrong policies that have led to a visible decrease in its productivity, the deterioration of research infrastructure and the closure of research lines.

The paralysis of the industrial sector, including the oil and mining industry, has completely eliminated the demand for science and technology and for several years now there has not been a single patent in Venezuela. As for the university, the lack of state funding to ensure undergraduate teaching, the elimination of research and postgraduate funding programs through state agencies, the elimination of scholarship programs of academic excellence and very low salaries, have resulted in the large emigration of high-level professors to several countries around the world. But, in spite of everything, there are still professors, researchers and undergraduate and graduate students who are willing to do good teaching and research in the country.

But in order for this to be possible, they need help from the international community. I am referring to aid that concretely materialises in remedying basic needs for the exercise of research and teaching. That is to say, to have equipment and laboratory reagents -or parts that can be used to replace those that are damaged-, to have up-to-date scientific bibliography; to have the possibility of carrying out research projects with international peers; to attend international scientific congresses; to receive visits from foreign colleagues for the dictation of courses or collaboration in postgraduate courses. And for the younger professors to have the prospect of being able to visit, for short periods of time, research laboratories from other parts of the world, to carry out part of a research project or to complete doctoral theses.

Meeting basic teaching and research needs reduces the current and urgent demand of Venezuelan professors, researchers and students to the international scientific community.

 [:]

[:fr]20 ans de mémoire dérobés à l’Institut de Médecine Tropicale[:es]Al Instituto de Medicina Tropical le robaron 20 años de memoria[:en]20 years of memory stolen at the Institute of Tropical Medicine[:]

[:fr]En mars 2016, des voleurs ont emporté plus de 25 CPU et leurs écrans plats. Ils ont ouvert les portes de sécurité, enlevé tous les tiroirs, cassé les pipettes et laissé à terre le laboratoire qui teste la toxoplasmose et les chagas.

Article publié dans Cronica Uno, le 16 mars 2016:
http://cronica.uno/al-instituto-medicina-tropical-le-robaron-20-anos-memoria/[:es]En marzo 2016, ladrones se llevaron más de 25 CPU y sus pantallas planas. Reventaron con mandarrias las puertas de seguridad, sacaron todas las gavetas, rompieron las pipetas y dejaron en el suelo el laboratorio que hace las pruebas de toxoplasmosis y chagas.

Articulo publicado en Cronica Uno, el 16 de Marzo, 2016:
http://cronica.uno/al-instituto-medicina-tropical-le-robaron-20-anos-memoria/[:en]In March 2016, thieves took away more than 25 CPUs and their flat screens. They opened the security doors, removed all drawers, broke the pipettes and left on the floor the laboratory that tests the toxoplasmosis and chagas.

Paper published in Cronica Uno, on March 16th, 2016:
http://cronica.uno/al-instituto-medicina-tropical-le-robaron-20-anos-memoria/[:]